16 mai 2011

Ministres en PÉRIL!!!

Entre Maya Hanoomanjee qui s'attaque aux obèses et aux sidéens et Sheila Bappoo qui compte poursuivre les parents qui abandonnent leurs enfants, nous voilà dans une configuration bien cocasse.

Ces ministres sortent leurs rotins et préfèrent les bonnes vieilles méthodes tels la stigmatisation, l'intimidation, les menaces ou la grosse punition faute d'efficacité au sein de leur ministère.


On se croirait à l'école, au temps où le rotin bazar était l'outil de prédilection des enseignants qui se respectent. Comment en est-on arrivé à une telle situation? D'où vient ce mépris que ces ministres éprouvent pour ceux et celles à qui elles devraient au contraire venir en aide?


Il y a d'abord les chiffres.  Des chiffres inquiétants et des graphes d'analyses publiés dans de multiples rapports qui se retrouvent un jour ou l'autre sous les yeux des ministres.  La santé physique et sociale de la population mondiale s'empire.  Le hic dans les pays en développement est que nous voyons les catastrophes arriver à grand pas mais que nous n'arrivons pas à prévenir les dégâts.  Il nous arrive quelques fois de les minimiser, c'est tout.

Ce qui nous amène au second facteur probable: le manque d'expertise.  Il y a deux types d'experts, les attitrés honorifiques et ceux qui maîtrisent leur sujet.  Il n'y a hélas pas beaucoup de la seconde catégorie aux tables de réunion des ministres.  Madame Hanoomanjee et madame Bappoo ont toutes les deux fait preuve de bonne volonté à un moment donné dans leur travail.  Elles ont été à l'écoute des propositions, avec un certaine envie de mettre en place des plans d'action.  Encore faut-il avoir des bonnes idées et les moyens de les réaliser

Nos deux ministres ont aussi, toutes deux, dénoncé le manque de sous qui leur est accordé.  A différentes reprises, la ministre Bappoo n'a pas hésité à faire des sorties contre les finances expliquant qu'elle ne pouvait pas travailler convenablement avec un si petit budget.  La ministre de la santé  exprime son manque de budget plus souvent dans des réunions qu'en public.  Elle aura quand même dû expliquer que c'est par manque d'argent qu'elle n'a pas pu compenser les heures de travail en plus occasionnées par l'extension des heures d'ouverture des dispensaires.

C'est un système pas si difficile à décortiquer que mesdames Hanoomanjee et Bappoo semblent gérer tant bien que mal.  Et si on se trouve plus dans le «mal» aujourd'hui, il en va de leur incapacité à gérer le manque de résultats positifs face aux maux grandissants.  Elles semblent avoir atteint un point de saturation.  Elles arrêtent de chercher des réponses, perdent espoir en leurs propres plans d'action, ne savent plus qui croire, continuent à se faire assaillir par les rapports, les cas très médiatisés... et dans ce capharnaüm, elles essaient de sauver leur peau en désignant un responsable. Mais qui?

NOUS. Oui, nous avons le profil idéal pour endosser la responsabilité du cercle vicieux de la lenteur à réagir et de la médiocrité qui prévaut dans les ministères.  Car après tout, nous sommes ceux qui figurons parmi les fameux chiffres à la base des soucis des ministres.  Si nous n'étions pas obèses, nous n'attrapions pas le SIDA et ne faisions pas d'enfants irresponsablement, les ministres Hanoomanjee et Bappoo pourraient enfin dormir tranquille! Nous sommes coupables.

C'est une logique assez bizarre et d'un autre temps qui régit notre beau pays.  Logique qui nous ramène à la case départ: créons des cellules pour aider la population à ne pas être obèse, à ne pas être contaminée par le VIH/SIDA, à ne pas faire des enfants de manière irresponsable.

Ces problèmes sont si importants que nous devrions appeler ces cellules des ministères. Ministère de la Santé et ministère du développement de l'enfant et du bien-être familial, par exemple. Et élisons des personnes compétentes pour les diriger.