08 mars 2011

Facebookeurs, beau parleurs?

Les personnes sur Facebook ne feraient que se plaindre, parler de révolution, de besoin de changement sans se bouger les fesses.     Discours que je retiens de ces dernières semaines et qui viennent de deux personnalités mauriciennes: un chanteur populaire  et un politicien.
Cette école de pensée me surprend, surtout en cette période particulière.  Je me dis que la question mérite d'être posée. Les utilisateurs de Facebook sont-ils des revendicateurs paresseux, lâches et laxistes?

Internet en général est certes un magnifique pare-brise où l'on se sent souvent tout permis, sans en craindre les conséquences.  Celui qui n'oserait pas s'approcher du connard d'en face, n'hésiterait pas à l'insulter sur son statut Facebook, par exemple.  Il y est aussi facile de formuler d'extraordinaires critiques ou d'éloquentes revendications sans fond, sans idéal et surtout sans but précis.

Je concède qu'il doit y en avoir pas mal de ce cas de figure mais peut-on ignorer que de réels mouvements sociaux se créent sur Facebook?  Pire, peut-on négliger le fait que la révolution historique du monde Arabe pour la démocratie est née à travers les nouveaux médias?  Le ras-le-bol devenu commun, il s'est reflété sur la vie des réseaux sociaux et la résistance s'y est organisée.

Il est donc on ne peut plus clair qu'en 2011, Facebook joue un rôle actif au sein de la société.  Personnellement, il m'est arrivé d'apprendre la prévalence de certaines injustices à Maurice rien qu'à travers Facebook.  Il y a aussi des échanges d'idées, d'où, justement, naissent des mouvements suite à une convergence d'opinions.  Facebook est un moyen de rallié différentes personnes à une seule et même cause.

Cela semble tellement clair qu'il m'est impossible de ne pas reprocher à ces deux personnalités d'en vouloir à cet outil qu'ils ne maitrisent visiblement pas. (Ils ont tous les deux un profil actif sur Facebook) Dans le monde de la politique à Maurice par exemple, Facebook est trop souvent perçu comme un panneau publicitaire ou du "networking" virtuel. Facebook est plus que cela, il faut comprendre comment cela marche et apprendre à l'utiliser pour ce dont on a vraiment envie.

Même si Facebook n'est pas un service public et qu'on ne peut que faire confiance à l'éthique et la responsabilité de Zuckerberg et son équipe, c'est un outil qui peut se révélé très utile socialement parlant.  Il est dommage que ces jeunes personnalités mauriciennes aient une telle perception des réseaux sociaux.

Et si la gauche a du mal à réunir le peuple autour d'un combat commun à une heure où la société mauricienne n'est pas très bien traitée, c'est peut-être justement parce que les 'leaders' de mouvements et les 'rassembleurs de foules' ne savent pas y faire et non parce que les gens se plaignent de leurs misères sur Facebook.

xoxo