26 février 2011

Jeune et violent

Un jeune homme qui frappe un autre, plus jeune que lui - l'objet d'une vidéo qui a fait le tour des médias mauriciens cette semaine. Beaucoup ont suivi avec intérêt la telenovela; à savoir si le méchant serait appréhendé, ce que cela lui en coûterait, à quel point le petit a-t-il été blessé?   Sauf que voilà, celui qui tape n'est pas un affreux démon comme on tente de nous le faire croire. Passage à tabac, taxages, intimidations et harcèlements s'insèrent malheureusement dans les moeurs de nos jeunes.

Je trouve quelque peu déplorable qu'à peu près tout le monde n'ait parlé que du bout de l'iceberg au lieu d'évoquer ce mal-être qui fait que tabasser/se faire tabasser soit devenu chose courante parmi les jeunes.  Il est clair que la violence chez les jeunes n'est pas un vice qui nous est tombé sur la tête hier. C'est son ampleur grandissante qui m'est pré-occupante.  Cette scène filmée d'un téléphone portable fait parti du quotidien dans nos écoles.  Les cas de jeunes qui finissent dans les hôpitaux après avoir été passés à tabac par leurs 'camarades' ne se comptent pas sur les doigts d'une main.

Le fait est que l'institution appelée 'école' donne aux jeunes des dizaines de 'seconde chance' pour les protéger de leurs dérives et de la loi. Ce sont des affaires qui ne font que rarement surface et qui se gèrent à l'interne.  Des affaires souvent mal gérées puisque la facilité est de faire primer la répression à la compréhension.

On se retrouve donc face à des jeunes qui pensent en toute impunité que taper est un moyen correct pour s'affirmer et se faire respecter. Le jeune agresseur (de la vidéo) a d'ailleurs expliqué qu'il "n'avait pas le choix", qu'il "devait le faire" et que tout le monde aurait réagit de la même manière à sa place.  Je n'irai pas jusqu'à lui donner raison mais cela reflète une réalité dans la perception de nos jeunes.  

Et je ne parle pas du nombre de commentaires menaçants émis à l'encontre de ce jeune homme. Comme quoi la violence engendre réellement la violence.

Pour revenir à l'essentiel, je dirais que c'est bien beau de nous montrer qu'un affreux malfaiteur a été puni.  Mais il ne nous mène à rien de le diaboliser et le grossir en dissimulant tous les autres.  Peut-être aurait-il été plus intéressant de pousser la réflexion à comprendre comment on en arrivé à la banalisation de la violence chez les jeunes et pourquoi cela est phénomène grandissant.  Non pas pour trouver des circonstances atténuantes mais pour comprendre.  Identifier et exposer les causes aide souvent à réduire les effets.

Personnifier les maux de notre société aide à jouer sur l'émotion. On en fait vite du sensationnalisme. Tout le monde en parle. C'est bon pour le business.  En attendant, la réalité est la même et la société se refuse d'en prendre conscience.


xoxo