31 mai 2010

Voleurs de Liberté, Violeurs de Droits!


A l'heure où les dirigeants n'hésitent pas à imposer grossièrement leur façon de pensée, je trouve qu'il est temps que le peuple admirable sorte des gros mots; fascime en l'occurence.

Les fonctionnaires n'ont plus accès au quotidien de La Sentinelle sur leurs lieux de travail depuis un moment déjà.  Le gouvernement élu en a décidé ainsi.  Il me faut préciser que L'express est le quotidien mauricien le plus lu sur notre jolie petite île démocratique(oui, utilisons le mot tant que nous le pouvons encore!)  

Concrètement, les ministères ont résilié leurs abonnements au quotidien et les fonctionnaires qui souhaitent lire le journal doivent donc se l'acheter si leurs revendeurs veulent bien le vendre. Car certains revendeurs ont souhaité montrer leur solidarité à notre bien aimé gouvernement.  Il y a donc une certaine vulgarisation de l'attentat au droit de la liberté de la presse, d'information et d'opinion des citoyens mauriciens.

Cela risque de rétrograder le statut de notre pays en développement aux yeux des instances internationales, surtout à une heure de mondialisation non seulement économique, mais aussi sociale et culturelle. Mais qu'importe, à ce qu'il nous rabâche depuis deux ans, on comprend que notre Premier Ministre aurait des leçons de gestion à donner aux "grandes économies" du monde. Nous n'avons donc pas à recevoir de leçons, que ce soit en écologie (re: Thalassa) ou en droits humains.

Au fait, j'ai l'impression que cela n'est pas tant dû à l'égo de Navin Ramgoolam, d'une vengeance contre la contre-attaque de Jean-Claude de l'Estrac lors de la campagne qu'à la mise à mort de La Sentinelle promise par Pravind Jugnauth.  Il est vrai qu'on a commencé à défavoriser L'express à travers les publicités gouvernementales mais jusqu'à la dernière campagne électorale, je n'avais pas ressenti une telle hargne à exterminer La Sentinelle.

Tout cela a eu une ampleur plus que visible à l'heure des boycotts de boycotts boycottés.  A vrai dire, le Mouvement Socialiste Mauricien avait décidé de boycotté La Sentinelle, apparemment suite à la publication de certains papiers pas très appréciés.  Malgré ce boycott, les journalistes de La Sentinelle ont continué à couvrir les activités du MSM et se sont rendus aux conférences de presse.

Les partisans du soleil ont alors exprimé leur mécontentement avec la diplomatie rayonnante pour laquelle ils sont connus.  Des gens ont envoyé des pierres sur une portre vitrée, ont tenté d'agresser une journaliste - Sunita Beezhadur - et un honorable ministre actuel a parlé d'employés de la Sentinelle: "imbesil, ou assiz dan biro, ou gratt ou fess!" (voir ici) Les menaces - qui ont continué durant les meetings lors de la campagne électorale - étaient claires: "Na pa gratt ledo maler! Mo dir li, na pa gratt ledo maler!"

C'est pour expliquer qu'à mon humble avis, le MSM, plus que Navin Ramgoolam serait à l'origine de ce boycott gouvernemental.  Je remarque aussi que pendant cinq ans, sous le régime de Navin Ramgoolam, on préférait laisser les journalistes titiller et les séquestrer, faire renvoyer ou enfermer sans grandes raisons par la suite.  Cela réveille certains fantasmes de la campagne électorale quant à un éventuel moyen de pression que le MSM aurait sur notre Premier Ministre...

On ressent une envie de passer à un certain totalitarisme. Une envie d'imposer un ensemble de valeurs et une façon de pensée qui engendrerait une exclusion de ceux qui n'y adhèrent pas.  Je me dit que mon gouvernement a peut-être des envies de néo-fascisme cachées, que tous les soirs, les ministres rêvent d'Hitler et que leur film préféré est 'La Vague' ('Die Welle'). Je voudrais bien dire que mon imagination va loin mais à l'ère où nous semblons entrer à Maurice, rien ne me surprendrait.

Je me relis et je vais immédiatement m'acheter mon journal L'express du jour. Oui, j'ai commencé à les collectionner tant qu'il est encore légal de s'en procurer et histoire d'avoir de quoi montrer aux autres quand j'aurai l'âge de raconter des anecdotes aux petits -- "C'était 2010, une année comme beaucoup d'autres, où des cons êtres d'une intelligence particulière dirigeaient mon pays..."

 xoxo

Article lié: Politisyn pa kontan mwa