20 septembre 2009

Quand nos journalistes se lâchent sur facebook!!!!!

Cela fait environ deux semaines maintenant que le départ a été donné!  Les journalistes mauriciens publient sur facebook.  A vrai dire, ils ne sont que deux visiblement pour l'instant.  Un d'eux, par contre, me semble presqu'en abuser...



Le quatre septembre, Jean-Luc Emile, journaliste de Radio Plus, publie un article sur facebook pour commenter la réunification de la grande famillle bleue lors d'une semaine où cet évènement fait tous les titres.  Le journaliste semble donc avoir profité de cette effervescence pour rajouter son opinion personnel.

Le sept septembre, le journaliste Axcel Chenney (aussi de Radio Plus) faisait un mea culpa journalistique, invitant subtilement ses confrères à reconnaître leurs torts dans la sur-médiatisation de la réunification des bleus, aussi en publiant un article sur facebook. Son article intéresse beaucoup.  La classe journalistique, comme d'autres commentent. Axcel Chenney s'est arrêté à cela (pour le moment).

Jean-Luc Emile,ne mets pas pour autant de frein à la publication sur facebook.  Il enchaine avec une réponse à Axcel Chenney (qui ne commentera pas), puis un article sur l'affaire Jinfei suivi d'un autre sur le discours agressif du premier ministre envers les journalistes.  Il m'a l'air de prendre goût à cet exercice et le dernier article en date est de ce matin et critique vivement certains propos du premier ministre.  Ce-dernier aurait qualifier le suicide comme un acte courageux et Jean-Luc Emile le lui reproche vivement.

Je n'ai aucun commentaire quant à savoir si les propos du PM sont reprochables ou pas, mais ce qui m'interpelle c'est la position que ce journaliste semble prendre.  Ce matin il publie même sur son statut, parlant du premier ministre:
"il déraille le mec..."

Ne va-t-il pas trop loin?

Je me pose la question car il me semble que l'éthique journalistique veut qu'un journaliste ne dévoile pas, par exemple, ses convictions politiques.  Ce n'est pas ce que fait le journaliste Jean Luc Emile en publiant ces articles, certes.  Pas directement, en tout cas!

Néanmoins, il détruit l'objectivité et la neutralité qu'on pourrait lui associer en tant que journaliste.  C'est à dire, que dans la rédaction de ses articles publiés sur facebook, il n'est pas dans son rôle de journaliste critique mais simplement d'un individu donnant son opinion.  Cela me trouble car je ne trouve pas que ce soit en cohérrence avec son rôle de journaliste.

Un journaliste, devrait selon moi, à l'opposé de mon blog, qui se veut complètement subjectif et de ma perspective, être d'une certaine objectivité et placer les jugements qui se posent de manière ouverte.  Le lecteur doit sentir une critique qui l'aide à voir plus clair et non une qui vient s'opposer à la sienne.

Hors, je le répète, Jean-Luc Emile est loin de cette éthique en publiant de tels articles sur facebook.  Il se pose en tant qu'individu trouvant les discours de Navin Ramgoolam méprisables.  C'est ce que moi, lecteur, je constate.  Et cela me gêne, puisque je n'écouterai plus les informations ou émissions de Jean-Luc Emile de la même oreille.

Qui plus est, le fait même d'en faire des tonnes en relayant les informations d'une manière sensationaliste (lire l'article ici pour le constater), je vous l'accorde peut-être simplement propre à la culture du groupe le Défi, ne fait que promouvoir les propos de Navin Ramgoolam encore plus.  Le discours est tellement surfait à mes yeux, qu'il décridibiliserait presque la position que prend le journaliste.

Pour terminer, je souhaite dire que le journalisme, dans son état le plus vrai, me fait rêver.  Ce raffinement avec lequel ses partisans se doivent de et arrivent à jongler avec les mots me fait frissoner.  Cette subtilité dans la manière de déposer un jugement et nous donner matière à réflection me laisse tout sourire.  Oui, à chaque fois que je lis un article d'une finesse journalistique, cela me fait quelque chose; et quand je suis fan, je le dis.

Le journalisme qui me fait rêver est un journalisme fin et efficace.  La bassese et  les aboiements dans le vide sont des termes qu'à la base j'associe plus souvent à la politique - de notre pays par exemple - ce que j'appelle la politique bon marché.  Je ne voudrais pas me retrouver à assiocer ces mêmes termes au journalisme... car je n'aime pas les cauchemars, mais quand même!

xoxo

Photo: 1. www.axonpost.com, 2. www.laurelpapworth.com